Vientiane - Pakse, dans le sud du Laos. A priori notre dernier bus de nuit du voyage, et on a garde le meilleur pour la fin. On avait deja pu apprecier le confort des bus peruviens, la deco soignee des bus thailandais, mais la ca bat tous les records dans le kitsch : petits rideaux style Orient Express, DVD Karaoke a fond les ballons, amusantes petites lumieres violette et vertes a l'arriere du bus et clignotants roses!!! C'est ca les bus special VIP du sud Laos!
Pakse, la troisieme ville du pays semble tout autant endormie que le pays, voire meme plus car nous y arrivons un dimanche. Un pays sans aucun moyen. Les militaires et les policiers se deplacent avec leur propre velo ou leur propre scooter. La ville n'a rien d'extraordinaire en soi. C'est surtout le point de depart pour la region des Bolavens, ainsi que celle des 4 mille iles, plus au sud.
La region des Bolavens est la plus pauvre du pays. Biensur tres rurale, on y cultive le the et le cafe (c'est donc la region du petit dej' par excellence). Aussi beaucoup de chutes d'eau, quelques villages animistes bien recules. Ces populations a l'ecart du pays vivent dans un extreme denuement. C'est assez dur, il faut le dire. Si les villageois semblent manger a leur faim, il leur manque l'education, l'hygiene et les soins. Notre guide apporte quelques medicaments legers (cremes, antiseptiques) a chacun de ses passages, mais bon... Il existe un dispensaire a quelques kilometres , mais les medicaments sont payants... Il s'agit d'une communaute qui se tient (ou est tenue?) relativement a l'ecart du reste de la population, a priori du fait de ses origines ethniques et de ses croyances animistes. Contraste complet avec l'ambiance de fete qui regnait a Wat Phu Champassak (ancient temple Khmer) pour la fete de la pleine lune du 3eme mois du calendrier lao.
Nous descendons ensuite vers le sud du pays, d'abord en minivan, puis en pirogue sur le Mekong pour nous poser sur l'ile de Khone. Le Mekong est ici repute dangereux en raison des rochers qui affleurent. Et il n'est pas que repute car effectivement, au bout de 10 minutes de navigation, notre pirogue se trouve transpercee par un rocher. Grosse voie d'eau! Heureusement, nous pouvons nous refugier a 4 sur un minuscule rocher, en plein milieu du fleuve!! Un pecheur vient tranquillement nous recuperer avec nos sacs et nous ramene jusqu a la rive. On a eu un peu peur pour les sacs sur le coup, mais maintenant on est content, ca fait un truc un peu "aventure" a raconter sur le blog (ce dont les lecteurs raffolent, ah cet audimat..).
Bref, nous voici sur Khone, petite ile vachement bien car hyper tranquille : pas d'electricite, que des maisons en bois plus 2 ou 3 anciennes habitations coloniales decaties, des cocotiers, des pecheurs, des balades a pied ou en velo (balades et non pas ballades comme je pouvais l'ecrire avant), encore des chutes d'eau (celles du Mekong) et surtout des supers couchers de soleil. Du repos.
Et puis vient l'heure de descendre sur le Cambodge. Depart 7H30 en pirogue (non sans avoir fait ses petites offrandes au temple le plus proche), arrivee 23H30 a Phnom Penh. Entre temps? De la pirogue, de l'attente, un peu de combi, un passage de frontiere en plein milieu d'une bien triste foret (avec postes frontieres ressemblant a des refuges de haute montagne!!!), de la pirogue, de l'attente, du minivan, de l'attente. C'est alors que nous prenons un minivan, puis attendons et reprenons un minivan. Decouverte du Cambodge : bien triste. Des forets qu'on brule ou qu'on coupe, des pistes defoncees, des sachets plastique partout, des cabanes de bois et de baches en guise d'habitation. La derniere portion du trajet (de nuit) est truffee de nids d'elephants et notre chauffeur qui roule a fond, ne maitrise rien du tout. Une grosse secousse ou le pare-choc touche le sol, mais rien, le minivan continue finalement sa route a la meme allure.
Nous arrivons finalement a Phnom Penh, soulages il faut bien le dire.